Ce que « spectre complet » devrait vouloir dire
Les plantes utilisent toute la plage de 400 à 700 nm, le PAR : le bleu, le rouge, et aussi le vert, contrairement à une idée reçue. Une lampe à spectre complet émet de la lumière sur toute cette plage, sans trou. En pratique, il s'agit de LED blanches, parfois complétées de diodes rouges (vers 660 nm) et d'un peu de rouge lointain (au-delà de 700 nm).
Le soleil sert souvent de référence, mais aucune lampe ne le reproduit : son spectre s'étend bien au-delà du PAR, dans les UV et l'infrarouge. Une lampe peut être utile aux plantes sans copier le soleil.
Une mention sans définition
Comme « full spectrum » n'est défini nulle part, on le trouve sur des lampes très différentes :
- De vraies LED blanches qui couvrent tout le PAR : c'est ce que vous cherchez.
- Des lampes rose-violet qui ajoutent quelques diodes blanches, UV ou infrarouges à des diodes rouges et bleues. La lumière reste rose et le vert presque absent. Voir Lumière blanche ou lumière rose : laquelle choisir ?
- Des ampoules d'intérieur présentées comme « lumière du jour », qui couvrent bien le spectre mais produisent trop peu de lumière utile pour des légumes.
La mention peut aussi servir à justifier un prix ou à masquer l'absence de chiffres sérieux. Une description vague comme « spectre solaire complet », sans graphique, est un signal d'alerte. Voir Se méfier des chiffres marketing et Lampe LED « 1000 W » à 30 € : comment ne pas se faire avoir ?
Ce qu'un bon spectre apporte vraiment
Le spectre influence surtout la forme des plantes, beaucoup moins la quantité récoltée, qui dépend d'abord du nombre de photons reçus. Un blanc qui couvre tout le PAR :
- donne des plantes normales, ni étirées ni rabougries, à condition que l'intensité suive ;
- laisse passer le vert, qui pénètre mieux dans le feuillage et atteint les feuilles basses ;
- permet de diagnostiquer : sous une lumière fidèle, une feuille qui jaunit, une tache ou un insecte se voient tout de suite ;
- convient à toutes les cultures du site, des micro-pousses à la tomate, en jouant sur l'intensité et la durée.
Les nuances de teinte restent secondaires : un blanc froid riche en bleu (5 000 à 6 500 K) pour les micro-pousses, un blanc de 4 000 à 5 000 K pour la laitue et le basilic, un blanc plus chaud complété de rouge 660 nm pour les légumes fruits en fructification. Les lampes horticoles blanches mélangent souvent déjà plusieurs teintes. Voir Quel spectre selon la culture ?
Vérifier sur la fiche technique
- Un graphique spectral est publié : la courbe doit être continue de 400 à 700 nm, avec un pic bleu, une large bosse dans le vert et le rouge, et éventuellement un pic rouge vers 660 nm.
- La température de couleur est indiquée en kelvins, souvent un mélange de 3 000 et 4 000 K.
- L'IRC est d'au moins 80 : il ne mesure pas l'intérêt pour la plante, mais un bon rendu des couleurs facilite le diagnostic.
- Le PPF et la puissance réelle sont donnés : sans eux, impossible de savoir si la lampe éclaire assez, quel que soit son spectre.
Les UV et le rouge lointain parfois ajoutés sont des options, pas des conditions pour mériter le nom de spectre complet.
Le spectre passe après la quantité
Une lampe au spectre parfait mais trop faible donnera des plantes étiolées. Choisissez dans cet ordre : la quantité de lumière (PPF de la lampe, PPFD sur votre surface), puis l'efficacité en µmol/J, et seulement ensuite le spectre. Le calculateur donne la puissance nécessaire pour votre culture et votre surface, et Combien de watts LED pour 1 m² ? les ordres de grandeur.
À retenir : un blanc qui couvre tout le PAR est le bon choix, mais « full spectrum » sur une étiquette ne prouve rien. Exigez un graphique spectral, un PPF et une puissance réelle, et choisissez d'abord la quantité de lumière.
Publié le 28 octobre 2026 dans « Lumière et LED ». Valeurs indicatives tirées de la littérature horticole (voir les sources).

